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L'euro numérique en 2026 : pilote, calendrier et prochaines étapes

L'euro numérique n'existe pas encore. En octobre 2026, la Banque centrale européenne (BCE, ou ECB en anglais) n'a pas décidé d'en émettre un, les législateurs de l'UE n'ont pas adopté les textes, et les consommateurs ne peuvent pas l'utiliser.

13 min de lectureRédaction Quppy

L'euro numérique n'existe pas encore. En octobre 2026, la Banque centrale européenne (BCE, ou ECB en anglais) n'a pas décidé d'en émettre un, les législateurs de l'UE n'ont pas adopté les textes, et les consommateurs ne peuvent pas l'utiliser. Ce qui existe, c'est un processus législatif à son stade final et un projet pilote prévu pour le second semestre de 2027. Une première émission en 2029 est une date potentielle, qui dépend de la loi et d'une décision finale de la BCE.

Euro numérique : situation en octobre 2026

QuestionSituation au 7 octobre 2026
Peut-on utiliser un euro numérique aujourd'hui ?Non
La BCE a-t-elle pris la décision d'en émettre un ?Non. La BCE indique qu'elle ne décidera qu'une fois le règlement adopté
La législation a-t-elle été adoptée ?Non. Le Conseil et le Parlement ont arrêté leurs positions de négociation, et les discussions entre les institutions visent à aboutir d'ici la fin de 2026
Un projet pilote est-il prévu ?Oui
Quand a lieu le pilote opérationnel ?Il est prévu pour démarrer au second semestre de 2027 et durer 12 mois
Quels prestataires ont été sélectionnés ?36 prestataires de services de paiement, annoncés le 14 juillet 2026
Qui participe au pilote ?Les 36 prestataires, des commerçants sélectionnés, et le personnel de la BCE et de 19 banques centrales nationales
Première émission potentielleLa BCE vise à être prête au cours de 2029, à supposer que le règlement soit adopté en 2026 ; sous réserve de la législation et d'une décision finale de la BCE

L'essentiel

  • L'euro numérique est une forme électronique proposée de monnaie de banque centrale ; il n'est pas en service et aucun consommateur ne peut ouvrir de compte.
  • Le dossier législatif a atteint une étape décisive en 2026 mais n'est pas terminé, et le pilote dépend de son issue.
  • Le pilote est fermé : des prestataires, des commerçants sélectionnés et du personnel de banques centrales testent une version bêta, et non le grand public.
  • Une émission en 2029 est une possibilité à laquelle se prépare la BCE, et non une décision.
  • La confidentialité et les plafonds de détention restent des propositions ; aucun montant ni aucune formulation définitive n'ont été arrêtés.

Qu'est-ce que l'euro numérique ?

C'est une forme électronique proposée de l'euro, émise par l'Eurosystème. Un euro numérique vaudrait un euro, tout comme un billet de banque. Ce serait de la monnaie de banque centrale sous forme numérique, conçue pour les paiements du quotidien et distribuée par l'intermédiaire de banques et d'autres prestataires de paiement plutôt que directement par la BCE. Ce n'est ni une monnaie distincte, ni un produit d'investissement, ni un crypto-actif.

L'euro numérique est-il disponible aujourd'hui ?

Non. Il n'existe pas d'euro numérique en circulation, pas de portefeuille destiné aux consommateurs et aucun moyen d'en acheter. La version bêta qui sera testée dans le pilote est réservée à des participants choisis par la BCE, et elle n'est pas un euro numérique émis. La page « calendrier et avancement » de la BCE indique que le projet reste subordonné à la législation et à une décision ultérieure de la BCE.

Qu'est-ce qui a changé en 2026 ?

Les volets législatif et opérationnel ont tous deux avancé. Le Conseil avait arrêté son mandat de négociation en décembre 2025. En 2026, le pilote a pris forme et le Parlement a fixé sa position.

DateÉvolution
Mars 2026La BCE lance un appel aux prestataires de services de paiement pour rejoindre le pilote
23 juin 2026La commission économique du Parlement adopte sa position sur l'euro numérique
9 juillet 2026Le Parlement vote, par 416 voix contre 169 et 22 abstentions, l'ouverture de négociations avec le Conseil
14 juillet 2026La BCE annonce que 36 prestataires de services de paiement sont sélectionnés pour le pilote
Septembre 2026La BCE lance un appel aux commerçants du commerce électronique et du commerce mobile ; les candidatures sont ouvertes jusqu'au 27 octobre 2026

Selon le communiqué de presse du Parlement du 9 juillet, les négociations avec la présidence irlandaise du Conseil devaient débuter prochainement, et les institutions visent à finaliser la législation avant la fin de l'année. Tant qu'elles ne se sont pas accordées sur un texte final, les éléments décrits ci-dessous restent des propositions.

Qui participe au pilote ?

Des prestataires de services de paiement de toute la zone euro, des commerçants sélectionnés et du personnel de banques centrales. Plus de 50 prestataires ont répondu à l'appel de la BCE, et 36 ont été retenus, un mélange de banques et d'entreprises de paiement non bancaires de tailles diverses. L'annonce par la BCE des prestataires sélectionnés les énumère ; il est donc inutile de reprendre ici les 36 noms.

Les prestataires ont deux rôles. Les prestataires distributeurs donnent au personnel de l'Eurosystème l'accès à des services d'euro numérique en version bêta, comme l'ouverture d'un compte bêta et le paiement. Les prestataires acquéreurs servent des commerçants sélectionnés pour qu'ils puissent recevoir des paiements bêta. Les prestataires peuvent servir des utilisateurs du pilote dans d'autres pays que leur marché d'origine.

Quand le pilote démarrera-t-il ?

Le pilote opérationnel est prévu pour le second semestre de 2027. Le projet avance en trois étapes, et il est utile de les distinguer :

  1. Préparation. L'Eurosystème est entré le 1er novembre 2025 dans la phase de préparation à une éventuelle émission, en travaillant sur le règlement-cadre (rulebook) et sur la sélection des prestataires du projet.
  2. Développement. Après la sélection de juillet 2026, les prestataires retenus travaillent avec leurs banques centrales nationales et la BCE aux préparatifs nécessaires au pilote. C'est l'étape où le système et les règles du schéma sont construits et testés en interne.
  3. Pilote opérationnel. Un exercice de 12 mois prévu pour commencer au second semestre de 2027, au cours duquel les participants utilisent l'euro numérique en version bêta dans des situations de la vie courante.

Chaque étape dépend de la précédente, et de la législation ; les dates peuvent donc évoluer.

Que testera le pilote ?

Il testera si un euro numérique en version bêta fonctionne dans des situations de paiement réelles. La BCE décrit l'objectif comme la validation de l'infrastructure dans des situations telles que les paiements en magasin et entre particuliers, et la vérification que le système est robuste, convivial et évolutif. L'appel aux commerçants du commerce électronique et du commerce mobile ajoute à la liste les expériences de paiement en ligne et sur mobile.

Les résultats sont destinés à étayer la préparation d'une éventuelle émission. Ils ne valent pas décision d'émettre : la BCE indique qu'elle ne décidera qu'après l'adoption du règlement. Pour connaître la situation la plus récente, la page consacrée au pilote de la BCE et sa FAQ sur le pilote sont les références principales.

Les consommateurs peuvent-ils participer au pilote ?

Non. Selon la BCE, les participants seront les 36 prestataires de services de paiement sélectionnés, des commerçants sélectionnés, et le personnel de la BCE et de 19 banques centrales nationales, qui testeront l'euro numérique en version bêta dans des situations de la vie courante, comme payer à la cafétéria. Le public n'est pas invité à ouvrir des comptes. Les commerçants qui exploitent des boutiques en ligne ou sur mobile peuvent manifester leur intérêt par l'appel de la BCE, qui se clôt le 27 octobre 2026. Les consommateurs qui souhaitent suivre le projet peuvent consulter la page « calendrier et avancement » de la BCE.

Quand l'euro numérique pourrait-il être lancé ?

Il pourrait être lancé en 2029 au plus tôt, si la législation est adoptée et si la BCE décide de l'émettre. La BCE indique qu'elle vise à être prête pour une éventuelle première émission au cours de 2029, à supposer que le règlement sur l'euro numérique soit adopté en 2026. Les deux conditions comptent. Une date de lancement ne peut pas être fixée tant que la loi n'existe pas, et la BCE a indiqué qu'elle ne prendrait la décision d'émission qu'ensuite.

Décrire 2029 comme la date de lancement est donc inexact. C'est un objectif vers lequel se prépare l'Eurosystème, et sa préparation est décrite comme souple afin de rester alignée sur le processus législatif. Si la législation prend du retard, le calendrier devrait suivre.

Euro numérique et compte bancaire

Un dépôt bancaire est une créance sur une banque commerciale ; un euro numérique serait une créance sur la banque centrale. Les deux sont libellés en euros, et les deux serviraient à payer. La différence tient à qui se porte garant de l'argent et à la manière dont il est détenu.

Dépôt bancaireEuro numérique (proposé)
ÉmetteurBanque commercialeEurosystème
Forme de monnaieMonnaie de banque commercialeMonnaie de banque centrale sous forme numérique
Distribué parLa banque elle-mêmeLes banques et les prestataires de services de paiement
IntérêtsPossibles, fixés par la banqueNon rémunéré selon la position du Parlement
PlafondsAucun intégré au produitUn plafond de détention est prévu ; son montant n'est pas fixé
Situation actuelleDisponibleNon disponible

Comme il serait distribué par l'intermédiaire de banques et de prestataires, l'euro numérique coexisterait avec les comptes bancaires, et les propositions décrivent des mécanismes pour relier les deux, de sorte que les paiements supérieurs à un plafond de détention puissent puiser dans un compte bancaire.

Euro numérique et stablecoin

Un stablecoin est un jeton privé ; l'euro numérique serait de la monnaie publique. Un stablecoin en euros ou en dollars est émis par une entreprise, adossé à des réserves qu'elle gère, et réglementé dans l'UE comme jeton de monnaie électronique au titre de MiCA. Les détenteurs s'en remettent aux réserves de l'émetteur et à ses conditions de remboursement. Un euro numérique serait un engagement de l'Eurosystème et ne dépendrait pas du bilan d'un émetteur privé. Pour savoir comment les paiements en stablecoins se comparent aux paiements ordinaires en euros, voir notre comparaison entre USDC et euro.

Euro numérique et crypto-actifs

L'euro numérique n'est pas un crypto-actif. Des crypto-actifs comme le bitcoin ou l'ether ne sont pas émis par des banques centrales et ont des prix de marché qui varient. L'euro numérique conserverait la valeur d'un euro et servirait à payer, et non à spéculer. Le droit de l'UE le traite à part : les banques centrales agissant dans l'exercice de leur mission monétaire sont hors du champ de MiCA, et la DAC8 laisse les monnaies numériques de banque centrale en dehors de sa liste de crypto-actifs à déclarer. Notre guide sur ce que déclare la DAC8 traite de cette exclusion, et la mise à jour sur MiCA explique où s'arrête MiCA.

Remplacera-t-il les espèces ?

Aucune des propositions décrites jusqu'ici ne le prévoit. La BCE et le Parlement présentent tous deux l'euro numérique comme un complément aux espèces. Le paquet législatif comprend un règlement distinct sur le cours légal des billets et pièces en euros, négocié en même temps. Les espèces font l'objet de leur propre dossier, que le communiqué de presse du Parlement du 9 juillet identifie comme faisant partie du même paquet sur la monnaie unique et qui n'a pas été contesté. La formulation finale des obligations d'acceptation et des protections des espèces dépend des négociations.

Les utilisateurs auront-ils un compte auprès de la BCE ?

Les propositions ne décrivent pas de compte direct auprès de la BCE ; les utilisateurs détiendraient des euros numériques par l'intermédiaire de banques ou de prestataires de paiement. L'euro numérique serait émis par l'Eurosystème, mais, selon la position du Parlement, les banques et les prestataires de services de paiement en seraient les principaux distributeurs, chargés de l'ouverture des comptes, des applications et du service client, tandis que la BCE fournirait l'infrastructure sous-jacente. Une personne aurait donc affaire à son prestataire, et non à la BCE. Certains points restent ouverts, comme la question de savoir qui peut le distribuer. La position du Parlement permettrait à des prestataires de pays de l'UE situés hors de la zone euro de le faire.

Confidentialité

Le Parlement comme la BCE décrivent la confidentialité comme un objectif de conception, dont les détails restent à l'état de propositions. La position de négociation du Parlement indique que des garanties de confidentialité seraient intégrées et que les transactions seraient vérifiées sans exposer de données personnelles, lesquelles ne seraient traitées que dans la mesure strictement nécessaire. La BCE décrit l'objectif comme un niveau élevé de confidentialité, la fonction hors ligne étant la plus proche des espèces. La page de la BCE sur l'euro numérique et la confidentialité expose ses propres déclarations. Aucune règle définitive de confidentialité n'existe tant que le règlement n'est pas adopté ; ces déclarations décrivent donc des propositions et des intentions, et non des garanties.

Plafonds de détention

Un plafond de détention fait partie des propositions, mais aucun montant définitif n'a été fixé. L'idée est de limiter le montant d'euros numériques qu'une personne peut détenir, afin que de grosses sommes ne quittent pas rapidement les dépôts bancaires. La proposition initiale de la Commission de 2023 prévoit un tel plafond, et la position du Parlement prévoit elle aussi un plafond de ce qu'un particulier pourrait détenir.

Ce qui reste ouvert, c'est le montant et la question de savoir qui le décide. Selon des comptes rendus sur le texte de la commission, dans la version du Parlement, la Commission fixerait le maximum sur recommandation de la BCE, avec un réexamen régulier. Les positions du Conseil et du Parlement diffèrent dans le détail, et la règle finale sortira des négociations. Tout chiffre cité d'ici là est une hypothèse de travail, et non une décision.

Ce que cela peut signifier pour les fintechs et les portefeuilles

Les prestataires sont au cœur du dispositif, et des fintechs participent déjà au pilote. Les 36 prestataires sélectionnés comprennent des entreprises de paiement non bancaires ; le pilote testera donc la manière dont un euro numérique est accessible par des applications extérieures aux banques traditionnelles. La position du Parlement ouvrirait aussi la distribution à des prestataires de paiement de pays de l'UE situés hors de la zone euro, et des comptes rendus sur son texte suggèrent que des prestataires de services sur crypto-actifs réglementés pourraient également participer à la distribution. Rien de tout cela n'est définitif.

Pour les portefeuilles de crypto-actifs et de paiement, le tableau à court terme est simple. Les euros et les crypto-actifs continuent de circuler sur les rails existants, comme les virements instantanés et classiques SEPA, et les portefeuilles qui associent des comptes en euros à des services crypto sont ce qui s'en rapproche le plus aujourd'hui ; voir l'explication sur l'IBAN crypto-friendly pour comprendre en quoi ces couches diffèrent.

Quppy ne propose pas d'euro numérique, et aucun n'est disponible pour les consommateurs. Ses mentions légales indiquent que QUPPY EUROPE OÜ développe le logiciel, le traitement SEPA en euros étant assuré par 2PAYAPP LIMITED et les services sur crypto-actifs par Payhound Limited, un prestataire agréé MiCA. Pour gérer ensemble euros et crypto-actifs en attendant, découvrez Quppy Personal.

Questions fréquentes

Puis-je obtenir dès maintenant un portefeuille d'euro numérique ?

Non. Le pilote est prévu pour le second semestre de 2027 et limité à des prestataires, des commerçants et du personnel de banques centrales sélectionnés. Il n'existe aucun portefeuille destiné aux consommateurs, et personne ne peut acheter ni détenir d'euro numérique aujourd'hui. Toute application ou tout site prétendant en proposer un ne propose pas un euro numérique de la BCE.

L'euro numérique est-il un stablecoin ?

Non. Un stablecoin est un jeton privé émis par une entreprise et adossé à ses réserves. L'euro numérique serait émis par l'Eurosystème et constituerait de la monnaie de banque centrale. Il ne dépendrait ni des réserves d'un émetteur privé ni des règles de MiCA applicables aux émetteurs de stablecoins.

Les entreprises devraient-elles l'accepter ?

Selon la position de négociation du Parlement, la plupart des entreprises seraient tenues d'accepter l'euro numérique, avec des exceptions pour les travailleurs indépendants et les petites et microentreprises qui n'acceptent pas d'autres paiements numériques. Il s'agit d'une proposition. Les règles d'acceptation définitives dépendront des négociations avec le Conseil.

Serait-il rémunéré ?

Selon la position du Parlement, d'après des comptes rendus, l'euro numérique ne porterait pas d'intérêts. Il s'agit d'une proposition, et non d'une règle définitive, qui reflète l'idée que l'euro numérique est conçu pour les paiements plutôt que pour l'épargne. Le texte final pourrait différer.

Que se passe-t-il si les institutions de l'UE ne s'accordent pas en 2026 ?

La BCE a indiqué qu'elle ne décidera d'émettre ou non un euro numérique qu'une fois le règlement adopté, et que sa préparation reste souple afin de rester alignée sur le processus législatif. Si la loi est retardée, l'objectif de 2029 devrait lui aussi être décalé. Le pilote dépend également de la base juridique.

Où suivre les informations officielles ?

La BCE tient à jour une page « calendrier et avancement », une page consacrée au pilote et une liste de questions fréquentes. Le Parlement européen et le Conseil publient leurs positions et leurs communiqués de presse sur le dossier législatif. Privilégiez ces sources aux synthèses, car les détails évoluent au fil des négociations.

Cet article propose des informations générales sur un projet encore en cours de négociation. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil financier, ni un conseil en investissement, et les propositions décrites peuvent changer avant l'adoption de toute règle définitive.

Sources et pour aller plus loin